untitled
L’année 2014 a permis aux acteurs wallons du logement de faire connaître la diversité et l’ampleur de leurs réalisations dans le cadre du 125 e anniversaire de l’action publique en matière de logement. Dans la poursuite de cet événement, les Echos du Logement souhaitent recréer une rubrique consa- crée à l’histoire du logement. Comme le disait le philosophe romain Sénèque « Le passé doit conseiller l’avenir », et il est important de comprendre les étapes de constitution des logements wallons afin de mieux en préparer l’avenir. Pour inaugurer cette rubrique, nous commençons par retracer l’évolution de l’organisation intérieure du logement et de ses éléments de confort. Réparti sur plusieurs numéros, ce thème est retracé au départ des recommandations, plans- types et albums de modèles ayant servi de référence à l’action publique en matière de logement. LE LOGEMENT OUVRIER AU XIX E SIÈCLE Le développement industriel de la Wallonie durant le XIX e siècle est fulgurant. Il entraîne un important boom immobilier afin de loger les ouvriers travaillant dans les industries. Généralement, ces logements comportent deux pièces : une salle commune et une chambre pour l’ensemble de la famille. De nombreux rapports dénoncent ces conditions déplorables de logement mais peu de solu- tions concrètes voient le jour. Les grèves et manifestations de 1886 rappellent le sujet aux autorités publiques. Le Gouvernement prend alors la question du logement à bras-le-corps et met sur pied une Commission du travail afin d’étudier les mesures d’amélioration de la condition morale et matérielle des classes laborieuses. Parmi les mesures proposées par cette Commission, la pre- mière porte sur l’ouverture d’une enquête sur la situation des logements ouvriers. Le Conseil supérieur d’hygiène publique est chargé de cette mission. Poursuivant ses tra- vaux antérieurs sur le sujet, une commission spéciale au sein du Conseil fixe le « Programme pour la construction des habitations destinées à la classe ouvrière » 1 . Détaillés sur six pages, les principes généraux de réalisation d’une habitation ouvrière sont approuvés par le Conseil en août 1887. * Architecte LE « PROGRAMME POUR LA CONSTRUCTION DES HABITATIONS DESTINÉES À LA CLASSE OUVRIÈRE » Les premières considérations du « Programme » portent sur les conditions d’emplacement et d’orientation permettant d’assurer la salubrité des habitations. Celles-ci concernent l’éloignement des émanations nuisibles, la circulation de l’air, l’accès aux rayons solaires, les qualités du sol, la four- niture d’eau saine et l’évacuation des eaux ménagères, la protection contre les vents humides, … Quelques mesures techniques de mise en œuvre sont suggérées, notamment d’éviter la disposition en « impasses et bataillons carrés » ; d’avoir un espace libre pour une cour ou un jardin et de prévoir la hauteur de l’habitation au maximum égale à la largeur de la voirie. Viennent ensuite les dispositions générales d’une habitation destinée à la classe ouvrière. Elles commencent par :« Il est désirable que chaque famille ait une habitation distincte, et que celle-ci soit disposée de manière à assurer une complète séparation entre les parents et les enfants ayant atteint un certain âge, et, pour ceux-ci, entre les filles et les garçons. Les habitations destinées à une seule famille auront un rez- de-chaussée et un étage ». Avant d’aborder les questions matérielles du logement, les premières préoccupations des rédacteurs portent donc sur l’organisation sociale et la mora- lité. Dans l’approche d’« économie sociale » de la fin du XIX e siècle, l’unité de base sociale est la famille restreinte aux parents et aux enfants. Le modèle architectural décou- lant de ce principe est une habitation individuelle sur deux niveaux, comprenant trois chambres et pourvue de caves et d’un grenier sous la toiture d’une inclinaison de 35 degrés. REGARDS SUR LE PASSÉ Une habitation ouvrière en 1900 par Jean-Michel DEGRAEVE * Plans du rez et de l'étage
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy MTc4MDMy