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Au niveau des 5 premières rues, 780 logements ont été contrôlés (parfois à plusieurs reprises). Lors de la première visite, 188 logements, soit un quart, on dû être fermés. Fin décembre 2014, 79 étaient déjà ré-ouverts et 109 étaient en cours de rénovation. En guise de conclusion, je vous dirai que je suis vraiment satisfaite des différentes actions entreprises pas les autorités communales au service du renouveau urbain de Charleroi. SOLIDARITÉS NOUVELLES : « l’accompagnement et le relogement effectif et durable des habitants ne sont pas toujours et pas totalement garantis aujourd’hui » Dans quel contexte, l’association « Solidarités nouvelles » s’est-elle créée ? L’association Solidarités Nouvelles (SN) est née d’une mobilisation d’habitants de cités sociales au début des années 70. Elle s’est depuis professionnalisée et a élargi son champ d’action à des personnes mal logées dans le privé, des habitants de la rue, des habitants de campings et parcs résidentiels. Basée à Charleroi, l’asbl développe sur le territoire wallon un travail collectif et militant avec des habitants : se définissant comme « syndicat de locataires » elle les soutient pour s’informer, se former, s’organiser dans une perspective d’éducation permanente, pour être acteurs de changement. Comment SN perçoit-elle l’évolution politique de la ville de Charleroi pour lutter contre les marchands de sommeil ? Depuis des années, nous vivons en première ligne, à Charle- roi, Liège ou ailleurs des fermetures de bâtiments pour cause d’insalubrité (y compris de surpeuplement). Ces bâtiments représentent parfois un danger pour les occupants mais ça n’est pas toujours le cas. Bien sûr, vivre dans un taudis n’est pas souhaitable. Mais en pratique, c’est parfois le seul choix qu’ont les locataires à faibles revenus. Lutter contre les marchands de sommeil : oui ! Mais pas sur le dos des habitants ! Selon les règles appliquées pour les expulsions administratives, la procédure de recherche de relogement ne s’impose pas toujours aux communes : une obligation de moyen existe, mais pas vraiment une obligation de résultat. Avec son plan Vauban, La ville de Charleroi a développé une action qu’elle souhaite exemplaire pour « lutter contre les marchands de sommeil » : quadriller les rues les plus mal loties et systématiser les contrôles de qualité du logement en impliquant plusieurs acteurs (police, urbanisme, pom- piers…). 80% des bâtiments frappés d’arrêtés se situent sur Charleroi-Centre, 20% à la périphérie urbaine. A première vue, cette action semble efficace et pleine de bonnes intentions. Confrontés à ces situations de longue date sur le terrain, nous avons d’emblée proposé de colla- borer mais aussi adressé des avertissements aux services communaux, en particulier sur la question du relogement. Assez vite, il s’est avéré que cette question n’était pas réel- lement ou pas suffisamment prise en compte : on s’est précipité pour contrôler – et c’est bien – mais sans trop se demander comment les habitants seraient relogés. En pratique, le relogement n’est pas assuré pour chacun et la responsabilité est souvent reportée sur le locataire (trouver lui-même un hébergement, faire la preuve qu’on a fait toutes les démarches de recherche, etc.). Les moyens pour reloger sont clairement insuffisants. Or, cette question aurait dû être posée en priorité, avant d’adopter des mesures strictes de contrôle pouvant aboutir à des fermetures : sinon, c’est faire une omelette en cassant des œufs et contribuer à fabri- quer des sans-abri ! En 2013, on a compté pratiquement 200 logements fermés sur l’entité. Lorsqu’on demandait où étaient passés les habitants, tout le monde se regardait incrédule… Cette précipitation à prendre des mesures fortes sans anti- ciper les conséquences sociales nous a paru d’autant plus interpellante dans un contexte où la Ville veut redorer son blason pour attirer les ménages à revenus moyens. Nous n’avons pas manqué de le dénoncer, même si c’est difficile à faire entendre. A force d’interpellations, les différents échevinats et services concernés semblent avoir pris un peu plus la mesure de ces difficultés : la procédure de recherche de relogement prévue par le Code wallon du Logement et de l’Habitat durable est appliquée plus systématiquement, les dérogations pour urgence sociale activées auprès de la Sambrienne, … Pour autant, l’accompagnement et le relogement effectif et durable des habitants ne sont pas toujours et pas totalement garantis aujourd’hui : les moyens manquent et les règles ne sont pas adaptées. Du coup, la tentation est forte de régler un peu vite des questions qui gênent : telle personne qui trouve elle-même une solution d’hébergement en famille ou chez des amis sera comptée comme « relogée » ; l’accompagnement des ménages orientés par le CPAS se résumera parfois à l’ouver- ture d’un dossier de demande d’aide ; quelques nuitées à l’hôtel ou en structure d’hébergement seront considérées comme des mesures de relogement… Comment SN accompagne-t-elle les locataires qui sont victimes de problème de salubrité de logement ? Etablir le contact avec ces personnes souvent très fragili- sées n’est pas une mince affaire. Encore moins en situation d’urgence, dans des délais courts et parfois dans un climat de confusion. Chaque fois que possible, nous le tentons pour d’abord clarifier avec elles leur situation. Beaucoup de personnes sont désemparées, parce qu’elles vivent déjà dans des conditions compliquées. Aussi parce que les procédures sont complexes et qu’il n’est vraiment pas simple de s’y retrouver. En outre, les consignes et les injonctions des services ne sont pas toujours bien comprises. Il s’agit d’abord de travailler une bonne maîtrise par les locataires de ce qui leur arrive, de ce qui va se passer : des suites de la procédure, des délais, des recours… Ces conditions sont très insécurisantes et stressantes pour les habitants, d’autant qu’il faut se lever tôt pour comprendre quelque chose aux réglementations en la matière... Notre accompagnement consiste à les écouter, les rassurer et les soutenir dans les différentes démarches mais aussi dans les contacts avec les services pour se faire entendre. Nous veillons à ce que les attentes et les besoins soient bien pris en compte : la pression est forte pour accepter la première solution proposée, qu’elle convienne ou pas. Enfin, si la question du relogement durable et dans de bonnes conditions est cruciale, nous travaillons également le soutien de l’accès à la justice. D’abord, les décisions d’expulsions administratives peuvent faire l’objet selon le cas d’un recours au Gouvernement wallon (insalubrité) ou devant le Conseil d’Etat (insécurité)… autant dire que ces recours sont pratiquement inutilisés. Ensuite, ce n’est en qu’en passant par le juge de paix que les locataires pourront éventuellement être indemnisés par le propriétaire. C’est le seul moyen d’obtenir réparation pour le dommage subi mais il est aussi très peu activé : pressés par les urgences, peu de locataires y font appel. Il y a un travail considérable à réaliser pour que justice soit effectivement faite. Avez-vous une idée de la situation et du parcours de ces locataires sur le long terme ? Notre expérience avec ces locataires en situation de précarité montre que dans l’ensemble ils ne trouvent pas à se loger

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